politique

L’Europe face au bras de fer Trump-Poutine : entre fractures et survie stratégique

Trump et Poutine main dans la main ? Un deal historique se prépare, et l’Europe pourrait bien en être la grande perdante.

Publié le
27/2/25
, mis à jour le
27/2/25
February 27, 2025

Alors que la guerre en Ukraine s’enlise, l’élection de Donald Trump pourrait provoquer un séisme géopolitique sans précédent. De plus en plus ouvertement, l’ex-président américain semble chercher à s’entendre avec Vladimir Poutine, au détriment d’une Europe qui vacille. Washington sera-t-elle encore un allié du Vieux Continent ou choisira-t-elle un rapprochement avec Moscou ? Cet article plonge au cœur des tractations qui secouent l’ordre international, entre ambitions personnelles, calculs stratégiques et réalités explosives.  

 Le retour du pragmatisme… ou du cynisme absolu  

Depuis son ascension fulgurante en politique, Donald Trump a toujours fait preuve d’un parti pris bien particulier sur la scène internationale. Son mantra ? "America First", une doctrine qui prône un rejet du multilatéralisme au profit d’accords bilatéraux où les États-Unis imposent leurs règles du jeu. Son admiration à peine dissimulée pour les « hommes forts » de ce monde l’a déjà conduit à complimenter Poutine, Xi Jinping ou encore Kim Jong-un. Mais avec son possible retour à la Maison-Blanche, une nouvelle inquiétude monte : et si Trump décidait d’enterrer l'ordre international tel que nous le connaissons ?  

D’un côté, Moscou n’a jamais renié son hostilité envers l’OTAN et considère l’Ukraine comme un enjeu vital pour sa propre survie. De l’autre, Trump ne cesse de critiquer l’effort occidental en faveur de Kiev, raillant une Europe qu’il accuse de se reposer sur l’aide américaine. Cet alignement d’intérêts pourrait aboutir à une transaction purement "trumpienne" : un échange entre Washington et Moscou où l’Ukraine deviendrait une monnaie d’échange, contre quelles concessions américaines ? La reconnaissance de la Crimée russe ? La fin des sanctions économiques ? La perspective est vertigineuse.  

L’Europe, grande délaissée du jeu  

Dans cette reconfiguration brutale, l’Europe se retrouve à la croisée des chemins. Longtemps dépendante du parapluie stratégique américain, elle réalise, avec une certaine panique, que ses garanties de sécurité ne tiennent qu’à un fil. L’Ukraine est devenue un symbole de la capacité de dissuasion occidentale, mais si Trump décide que cette guerre ne concerne plus l’Amérique, que deviendra le soutien à Kiev ?  

Les réactions en Europe laissent deviner un véritable choc. Jusque-là habitué à une forme de protection quasi automatique de la part de Washington, le Vieux Continent comprend qu’il doit, peut-être pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, repenser entièrement sa défense. Emmanuel Macron lui-même a récemment averti que l’Europe devait être prête à affronter des crises sécuritaires sans l’appui des Américains. L’OTAN pourrait-elle survivre à une présidence Trump bis ?  

Ce désengagement programmé de Washington ne ferait que renforcer une vérité que beaucoup rechignaient à affronter : l’Europe doit financer et structurer sa propre défense. Mais le temps presse, et les divergences internes entre pays membres restent nombreuses.  

Un marché explosif entre Trump et Poutine ?  

L’idée même d’une « négociation » entre Trump et Poutine sur le dossier ukrainien suscite crainte et spéculations. Quels en seraient les contours ? Poutine pourrait-il, en échange de la levée des sanctions et d’un abandon tacite de l’Ukraine, garantir un éloignement de la Chine, un point clé dans la stratégie américaine ?  

Difficile d’imaginer un Poutine sacrifiant sa relation avec Pékin, mais ce dernier sait que la guerre en Ukraine l’affaiblit sur le long terme. Obtenir un cessez-le-feu en conservant les territoires déjà conquis – tout en divisant l'Europe – serait une victoire inespérée pour Moscou. Quant à Trump, il pourrait se targuer d’avoir mis fin à un conflit qui saigne le budget américain et gagnerait des points politiques auprès de son électorat.  

L’Ukraine, laissée pour compte ?  

Au centre de cette redistribution géopolitique, l’Ukraine pourrait en être le grand sacrifié. Après avoir résisté avec acharnement pendant déjà plus de deux ans, le pays risque de se retrouver seul, face à un voisin toujours plus menaçant. Kiev mise actuellement tout sur la solidarité occidentale, mais l’évolution politique aux États-Unis pourrait bien lui ôter son principal soutien.  

Reste à savoir si l’Europe, livrée à elle-même, sera prête à assumer un rôle de bastion contre la Russie. Les déclarations de certains dirigeants européens vont en ce sens, mais qu’en est-il en réalité ? Financièrement, militairement, et politiquement, le défi est immense. La solidarité européenne pourrait-elle suppléer un retrait américain ? Rien n’est moins sûr.  

Un nouvel ordre international ?  

Depuis la fin de la guerre froide, le monde s’était habitué à un ordre structuré par la domination occidentale et l’influence de Washington. Mais le tandem Trump-Poutine pourrait faire basculer cet équilibre déjà fragilisé par l’émergence de la Chine et l’affaiblissement des institutions multilatérales.  

Les conséquences d’un tel revirement seraient incalculables : fractures au sein de l’OTAN, réalignements stratégiques en Europe, montée en puissance d’alliances “alternatives” rassemblant des puissances révisionnistes (Russie, Chine, Iran…).  

Une chose est sûre : nous entrons dans une ère où tout ce que nous pensions immuable est remis en cause. L'Europe survivra-t-elle à cette nouvelle donne ? Ou deviendra-t-elle une simple spectatrice de son propre déclin ?

Animé par la mission de rendre la finance et l'économie plus claires et accessibles, Tristan aide à décrypter les tendances complexes et à explorer des voies alternatives pour répondre aux enjeux globaux de demain. Expert en finance durable, économie et transition énergétique, il partage ses analyses pour participer à la prise de conscience des enjeux et au progrès sociétal.

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L’Europe face au bras de fer Trump-Poutine : entre fractures et survie stratégique

Publié le
February 27, 2025
, mis à jour le
27/2/25
February 27, 2025

Alors que la guerre en Ukraine s’enlise, l’élection de Donald Trump pourrait provoquer un séisme géopolitique sans précédent. De plus en plus ouvertement, l’ex-président américain semble chercher à s’entendre avec Vladimir Poutine, au détriment d’une Europe qui vacille. Washington sera-t-elle encore un allié du Vieux Continent ou choisira-t-elle un rapprochement avec Moscou ? Cet article plonge au cœur des tractations qui secouent l’ordre international, entre ambitions personnelles, calculs stratégiques et réalités explosives.  

 Le retour du pragmatisme… ou du cynisme absolu  

Depuis son ascension fulgurante en politique, Donald Trump a toujours fait preuve d’un parti pris bien particulier sur la scène internationale. Son mantra ? "America First", une doctrine qui prône un rejet du multilatéralisme au profit d’accords bilatéraux où les États-Unis imposent leurs règles du jeu. Son admiration à peine dissimulée pour les « hommes forts » de ce monde l’a déjà conduit à complimenter Poutine, Xi Jinping ou encore Kim Jong-un. Mais avec son possible retour à la Maison-Blanche, une nouvelle inquiétude monte : et si Trump décidait d’enterrer l'ordre international tel que nous le connaissons ?  

D’un côté, Moscou n’a jamais renié son hostilité envers l’OTAN et considère l’Ukraine comme un enjeu vital pour sa propre survie. De l’autre, Trump ne cesse de critiquer l’effort occidental en faveur de Kiev, raillant une Europe qu’il accuse de se reposer sur l’aide américaine. Cet alignement d’intérêts pourrait aboutir à une transaction purement "trumpienne" : un échange entre Washington et Moscou où l’Ukraine deviendrait une monnaie d’échange, contre quelles concessions américaines ? La reconnaissance de la Crimée russe ? La fin des sanctions économiques ? La perspective est vertigineuse.  

L’Europe, grande délaissée du jeu  

Dans cette reconfiguration brutale, l’Europe se retrouve à la croisée des chemins. Longtemps dépendante du parapluie stratégique américain, elle réalise, avec une certaine panique, que ses garanties de sécurité ne tiennent qu’à un fil. L’Ukraine est devenue un symbole de la capacité de dissuasion occidentale, mais si Trump décide que cette guerre ne concerne plus l’Amérique, que deviendra le soutien à Kiev ?  

Les réactions en Europe laissent deviner un véritable choc. Jusque-là habitué à une forme de protection quasi automatique de la part de Washington, le Vieux Continent comprend qu’il doit, peut-être pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, repenser entièrement sa défense. Emmanuel Macron lui-même a récemment averti que l’Europe devait être prête à affronter des crises sécuritaires sans l’appui des Américains. L’OTAN pourrait-elle survivre à une présidence Trump bis ?  

Ce désengagement programmé de Washington ne ferait que renforcer une vérité que beaucoup rechignaient à affronter : l’Europe doit financer et structurer sa propre défense. Mais le temps presse, et les divergences internes entre pays membres restent nombreuses.  

Un marché explosif entre Trump et Poutine ?  

L’idée même d’une « négociation » entre Trump et Poutine sur le dossier ukrainien suscite crainte et spéculations. Quels en seraient les contours ? Poutine pourrait-il, en échange de la levée des sanctions et d’un abandon tacite de l’Ukraine, garantir un éloignement de la Chine, un point clé dans la stratégie américaine ?  

Difficile d’imaginer un Poutine sacrifiant sa relation avec Pékin, mais ce dernier sait que la guerre en Ukraine l’affaiblit sur le long terme. Obtenir un cessez-le-feu en conservant les territoires déjà conquis – tout en divisant l'Europe – serait une victoire inespérée pour Moscou. Quant à Trump, il pourrait se targuer d’avoir mis fin à un conflit qui saigne le budget américain et gagnerait des points politiques auprès de son électorat.  

L’Ukraine, laissée pour compte ?  

Au centre de cette redistribution géopolitique, l’Ukraine pourrait en être le grand sacrifié. Après avoir résisté avec acharnement pendant déjà plus de deux ans, le pays risque de se retrouver seul, face à un voisin toujours plus menaçant. Kiev mise actuellement tout sur la solidarité occidentale, mais l’évolution politique aux États-Unis pourrait bien lui ôter son principal soutien.  

Reste à savoir si l’Europe, livrée à elle-même, sera prête à assumer un rôle de bastion contre la Russie. Les déclarations de certains dirigeants européens vont en ce sens, mais qu’en est-il en réalité ? Financièrement, militairement, et politiquement, le défi est immense. La solidarité européenne pourrait-elle suppléer un retrait américain ? Rien n’est moins sûr.  

Un nouvel ordre international ?  

Depuis la fin de la guerre froide, le monde s’était habitué à un ordre structuré par la domination occidentale et l’influence de Washington. Mais le tandem Trump-Poutine pourrait faire basculer cet équilibre déjà fragilisé par l’émergence de la Chine et l’affaiblissement des institutions multilatérales.  

Les conséquences d’un tel revirement seraient incalculables : fractures au sein de l’OTAN, réalignements stratégiques en Europe, montée en puissance d’alliances “alternatives” rassemblant des puissances révisionnistes (Russie, Chine, Iran…).  

Une chose est sûre : nous entrons dans une ère où tout ce que nous pensions immuable est remis en cause. L'Europe survivra-t-elle à cette nouvelle donne ? Ou deviendra-t-elle une simple spectatrice de son propre déclin ?

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